Tout savoir sur la rééducation du périnée

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rééducation du périnée

Après l’accouchement et la naissance du bébé, chaque nouvelle maman doit prendre soin de son corps. Quelques rendez-vous médicaux sont à prévoir. Parmi eux, certains visent à tester et à rééduquer le muscle du périnée, mis à rude épreuve durant la grossesse et l’accouchement. Voici tout ce qu’il faut savoir au sujet de la rééducation du périnée, aussi appelée « rééducation périnéale ».

Qu’est-ce que le périnée ?

Le périnée est un groupe composé de ligaments, de muscles et de membranes qui relie le coccyx au pubis, en formant une sorte de « plateau ». Le périnée est ce que l’on appelle aussi le plancher pelvien. Si l’on en parle peu en dehors d’une grossesse, il revêt pourtant une importance capitale. Le périnée soutient l’utérus, le rectum, le vagin ainsi que la vessie. Il assure ainsi la continence anale et urinaire : il est donc actif en permanence ! De plus, le plancher pelvien n’est pas réservé aux femmes, puisque les hommes aussi le possèdent dans une version moins « complexe » (1). En somme, le plancher pelvien retient nos organes internes et nous permet de réguler les flux d’urines et de selles. Il est donc essentiel de l’entretenir et de le préserver !

Pourquoi faut-il rééduquer le périnée ?

Beaucoup de jeunes mères espèrent ne pas avoir besoin de cette rééducation. Pourtant, elle est nécessaire à toutes les mères, quel que soit le déroulement de l’accouchement : voie basse ou césarienne. Ce groupe de muscles et de ligaments n’est pas seulement utile au moment de l’accouchement.

Au cours de la grossesse, le périnée et ses composants sont très sollicités. On peut même dire que la grossesse malmène notre plancher pelvien. Le poids du bébé ainsi que du liquide amniotique et du placenta pèse lourdement sur nos organes, et sur notre périnée. Et les hormones en rajoutent une couche puisque sous leur action, nos ligaments s’assouplissent et se détendent. L’affaissement du périnée est courant durant la grossesse et il explique les fuites urinaires courantes rencontrées en fin de grossesse, notamment lorsque la femme rit ou éternue. Et si la grossesse est une période éprouvante pour notre plancher pelvien, l’accouchement représente son ultime épreuve. La plupart des femmes ayant accouché (par voie basse, mais aussi par césarienne) doivent rééduquer leur périnée. On appelle cela la rééducation périnéale.

visite médicale après l'accouchement

Des risques si on ne rééduque pas le plancher pelvien ?

Comme expliqué, le plancher pelvien n’est pas utile qu’en cas de grossesse (2). Il l’est tout au long de la vie, notamment en raison de son rôle sur la continence. Si on ne réalise pas une rééducation périnéale suffisante, il existe toujours un risque de souffrir d’incontinence urinaire ou anale après l’accouchement (3). D’ailleurs, si vous en souffrez, il ne faut pas hésiter à en parler à votre professionnel de santé et notamment à votre sage-femme.

Il existe un autre risque plus sérieux : la descente d’organe. En effet, reprendre une activité physique normale après un accouchement n’est possible qu’après avoir effectué la rééducation du périnée (4). Autrement, il existe un risque important de souffrir d’une descente d’organe à court, moyen ou à long terme. Par association, notre plancher pelvien retient l’ensemble de nos organes. Il est donc plus sage d’attendre la visite post-natale pour connaître les capacités réelles du périnée.

Sachez tout de même que la natation et la marche sont autorisées durant la période qui couvre la naissance de l’enfant à la visite post-natale. Cependant, leur pratique doit rester faible et raisonnable. De même, il faut attendre trois semaines à un mois avant de pouvoir s’immerger dans l’eau (bain, piscine) après un accouchement.

La visite post-natale : un premier pas vers la rééducation du périnée

Entre six à huit semaines après la naissance de son enfant, la jeune mère doit se rendre chez son gynécologue ou sa sage-femme afin de réaliser une évaluation de la tonicité du périnée. Il s’agit là de la visite post-natale, prescrite lors du séjour à la maternité (ou à la maison de naissance). Cette première évaluation permet au professionnel de santé de fixer un nombre de séances de rééducation nécessaire, qui dépend donc de chaque femme. On ne sait pas à l’avance le nombre de séances que l’on va réaliser ! De même, en fonction des progrès de chacune, ce nombre peut encore évoluer à la baisse ou à la hausse.

La rééducation du périnée est réalisée avec une sage-femme ou un kinésithérapeute. Lors de la visite post-natale, le professionnel de santé pose plusieurs questions à la maman. Elles concernent notamment de possibles fuites urinaires, le déroulement de la naissance de son bébé ou encore, la présence ou non de douleurs et de sensations lors des rapports sexuels. L’examen clinique se déroule alors et permet de « noter » la tonicité du périnée afin de planifier les séances à effectuer.

Le déroulement d’une séance de rééducation du périnée

Alors, comment s’y prend-on exactement pour rééduquer son périnée ? Pour chaque nouvelle maman, cette étape est un peu floue. Mais si vous n’en êtes pas à votre premier accouchement, vous êtes probablement déjà rodée.

visite post natale

La technique de rééducation manuelle

En rééducation, les sages-femmes utilisent deux méthodes, qu’elles alternent en fonction du bilan de la toute première séance (visite post-natale). La première est une méthode manuelle, qui consiste généralement en des exercices de visualisation et de contraction pelvienne. À cela s’ajoute aussi un travail sur le souffle. Les jeunes mères exercent des pressions et des contractions en fonction des consignes de la sage-femme. Celle-ci les guide avec ses doigts et des stimulations manuelles à l’intérieur du vagin. C’est de cette même manière que les sage-femmes évaluent la tonicité globale du vagin lors de la première séance de rééducation et la dernière, mais aussi en cours de séances afin de mesurer les progrès de leurs patientes.

La rééducation du périnée : les techniques mécaniques

Dans un second temps, les sage-femmes utilisent d’autres techniques dites « mécaniques ».

La première est le « biofeedback », qui nécessite l’utilisation d’une sonde. Cette dernière affiche à l’écran de l’ordinateur les contractions qu’elle mesure chez la patiente, qui réalise alors des exercices directement sur le moniteur. Différents exercices, d’intensités et de longueurs variables, aident alors les femmes à mieux visualiser leurs efforts de contraction et à progresser au fil des séances.

D’autre part, certaines sage-femmes utilisent aussi une technique par électrostimulation. Une sonde introduite dans le vagin produit de légères contractions, par le biais d’un micro-courant totalement indolore.

Peut-on se préparer aux séances de rééducation périnéale ?

En tant que jeune maman, il n’est pas possible d’évaluer soi-même la tonicité de son périnée. Cependant, il est possible d’apprendre à mieux le situer et à découvrir les sensations que produisent des contractions de ce dernier. Et ce, avant même la première séance (visite post-natale). Essayez par exemple de contracter votre périnée à plusieurs reprises afin de vous familiariser avec la prise de contrôle de ce muscle. Attention cependant aux contractions familièrement appelées « stop-pipi », qui consiste à bloquer un jet d’urine aux toilettes. En abuser peut favoriser le développement de bactéries et donc, l’apparition d’une cystite (infection urinaire) ! En cas de doute, attendez simplement de rencontrer votre sage-femme pour votre première séance de rééducation. Elle vous livrera toutes les cartes pour une rééducation réussie. Et surtout : ne vous mettez pas la pression. Chaque femme est différente.

Des outils pour renforcer le périnée à la maison

Entre chaque séance de rééducation périnéale, il est indispensable de travailler à la maison. Car si les techniques manuelles et mécaniques sont nécessaires, elles ne suffisent pas ! Chaque jeune maman doit donc veiller à travailler chez elle les exercices vus en séance. Pour cela, elle peut s’aider de la visualisation et des consignes reçues de sa sage-femme lorsqu’elle s’exerce avec elle. Mais elle peut aussi avoir recours à des outils qui aident à renforcer le périnée (5). Parmi eux se trouvent les boules de geisha. Loin de se contenter de leur statut de « jouet sexuel », les boules de geisha peuvent aussi aider à muscler efficacement les muscles qui composent le périnée.

rééducation périnéale

Cependant, il faut savoir que toutes les femmes ne peuvent pas y avoir recours. En effet, celles-ci ne sont pas utilisables par les femmes enceintes ou qui ont subi une épisiotomie (en cours de cicatrisation). Il en est de même pour les femmes qui ont subi une opération périnéale ou vaginale ou qui portent un dispositif intra-utérin. Par ailleurs, il faut également veiller à ce que les boules de geisha utilisées répondent aux normes européennes. Elles doivent également être consciemment nettoyées et désinfectées avant et après chaque utilisation. L’utilisation d’un lubrifiant adapté est également recommandée.

Et après la rééducation du périnée ?

Lorsque les séances de rééducation du périnée se terminent, la sage-femme ou le kinésithérapeute évalue à nouveau le degré de tonicité du plancher pelvien. Si le professionnel de santé le trouve satisfaisant, alors les séances peuvent prendre fin. Dans le cas contraire, il est possible d’augmenter le nombre de séances de rééducation. Par ailleurs, sachez qu’il est possible de renforcer son périnée tout au long de sa vie de femme. Et donc à tout âge. Dans ce cas, la Sécurité sociale prend en charge 70 % du montant des séances de rééducation. Il est cependant nécessaire d’obtenir une prescription médicale pour cela.

Après la rééducation périnéale, il est aussi possible d’envisager une rééducation abdominale, si cela s’avère nécessaire (6). Dans ce cas, seul un kinésithérapeute peut la recommander et la réaliser.

La rééducation du périnée : ce qu’il faut retenir

La visite post-natale au cours de laquelle la tonicité du périnée est évaluée par un professionnel de santé est obligatoire pour toutes les femmes qui viennent de donner naissance à un enfant. La majeure partie d’entre elles devront réaliser des séries d’exercices permettant de redonner tonus, endurance et force à cet ensemble de muscles et de ligaments. Rapprochez-vous d’une sage-femme ou d’un kinésithérapeute entre six à huit semaines après la naissance du bébé pour débuter vos séances !

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