Tout savoir sur l’accouchement par césarienne

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accouchement par césarienne

L’accouchement est toujours un moment unique, à la fois pour la mère, le père, et le personnel médical. Parfois, tout ne se passe pas comme prévu et il devient important d’agir. La césarienne est une méthode d’accouchement spécifique, qu’il est possible de mettre en place lorsqu’un problème survient.

Source d’angoisse pour certaines, véritable délivrance pour d’autres… L’accouchement par césarienne est un sujet auquel toutes les femmes enceintes se confrontent tôt ou tard. Avant de s’inquiéter, il est préférable de s’interroger et de se renseigner sur une pratique plus que courante. Voici donc tout ce qu’il faut savoir sur l’accouchement par césarienne.

En quoi consiste l’accouchement par césarienne ?

Un accouchement par césarienne est une intervention chirurgicale qui permet la naissance d’un enfant dans les meilleures conditions possible. Elle peut être programmée ou non, en fonction de la situation du bébé avant l’accouchement, ou du déroulement du travail.

Le déroulement de l’intervention

Lors d’un accouchement par césarienne, un chirurgien spécialisé et expérimenté est chargé de mettre au monde le bébé. Pour cela, il incise la peau horizontalement en bas du ventre, ainsi que tous les tissus qui le séparent de l’utérus. Le chirurgien ouvre alors l’utérus au niveau de sa plus fine partie. C’est à cet instant que la poche des eaux est aspirée et que le bébé, encore attaché à son cordon, est extrait du ventre de sa mère. Le placenta, relié au cordon ombilical, est également extrait.

Dès sa sortie du ventre de la mère, le bébé est confié aux soins d’une sage-femme. Si elle le peut, elle l’apporte à la maman avant de lui prodiguer les premiers soins, pour une première rencontre. Il s’agit d’une opération relativement rapide : dix minutes séparent l’incision de la peau et la naissance de l’enfant.

Quelle anesthésie est privilégiée pour une césarienne ?

Si la mère est sous péridurale et que le travail a déjà débuté, le chirurgien lui injecte une dose supplémentaire d’anesthésique via le cathéter déjà en place. On parle alors d’anesthésie locorégionale. On y a donc recours lors d’une césarienne non programmée.

Dans le cadre d’une césarienne programmée, le chirurgien va procéder à une rachianesthésie. Celle-ci consiste à injecter un produit anesthésiant en une dose unique dans le liquide céphalo-rachidien, non loin de la moelle épinière. Cette technique est efficace et bien plus rapide, ce qui va permettre au chirurgien de procéder à la césarienne de manière également plus rapide (1).  

Le chirurgien a recours à une anesthésie générale dans des cas très rares, en cas de contre-indication à l’anesthésie locorégionale ou dans une situation d’urgence absolue.

complications et risques

Césarienne programmée ou non programmée ?

Les césariennes peuvent, dans certains cas, être programmées (2). Mais parfois, c’est l’évolution de la situation qui l’impose. Il faut savoir qu’en France, la moitié des césariennes surviennent durant le travail, 30 % sont programmées et 20 % sont réalisées avant le travail (3).

L’accouchement par césarienne programmée

Il est possible de programmer les césariennes pour les futures mères, notamment lorsque le placenta vient recouvrir le col de l’utérus. On parle alors de placenta praevia. Ici, procéder par voie basse pourrait engendrer une hémorragie. Il faut donc programmer un accouchement par césarienne de manière à assurer la sécurité de la mère et de son enfant au moment de la naissance (4).

Par ailleurs, il est aussi possible de programmer une césarienne lorsque le bébé ne se présente pas correctement pour un accouchement par voie basse : bébé de travers ou en position de siège, par exemple. Il en est de même pour les bébés qui souffrent d’un retard de croissance intra-utérin. En effet, si le bébé est trop petit compte tenu de son âge gestationnel, il pourrait ne pas supporter l’accouchement et les contractions.

Dans quelques autres situations, il est aussi possible de programmer une césarienne : pré-éclampsie (présence de protéines dans les urines et hypertension artérielle), maladie du foie, diabète… Enfin, cette méthode d’accouchement est aussi nécessaire pour les mères qui ont déjà accouché deux fois par césarienne. Très fragile, leur cicatrice ne résisterait pas à l’accouchement par voie basse et elle pourrait se déchirer.

L’accouchement par césarienne non programmée

Si la césarienne est programmée pour certains accouchements, ce n’est pas toujours le cas. Dans ce genre de situation, l’accouchement débute normalement, avec la perte des eaux, les premières contractions, la dilatation du col de l’utérus… Or, tout le processus s’arrête en cours de route. Le col est alors partiellement ouvert, ou le bébé ne descend pas, tout simplement. Parfois, l’utérus ne se contracte pas assez pour expulser le bébé. Si la perfusion d’ocytocine ne permet pas de réengager le processus, il faut alors procéder à une césarienne.

Par ailleurs, il arrive aussi que le bassin soit trop étroit par rapport à la taille du bébé, ou que celui-ci soit tout simplement trop gros. De ce fait, le chirurgien doit procéder à une césarienne pour permettre la naissance de l’enfant dans les meilleures conditions. 

Enfin, si le monitoring démontre une anomalie du rythme cardiaque du bébé, cela signifie qu’il manque d’oxygène. Si la situation est sans gravité, il est encore possible d’accoucher par voie basse. Or, si la situation représente un danger pour l’enfant, alors l’équipe médicale programme la césarienne en urgence.

césarienne programmée

Autres facteurs nécessitant un accouchement par césarienne

Quelques autres facteurs peuvent impliquer la programmation d’une césarienne en cours de travail ou avant :

  • Le déclenchement de l’accouchement a échoué ;
  • En cas de souffrance fœtale ;
  • Une mauvaise présentation de l’enfant ;
  • Une grossesse gémellaire (5) ;
  • La présence d’un obstacle à la sortie du bébé ;
  • En cas d’échec des forceps ;
  • Procidence du cordon ;
  • En cas de décollement prématuré du placenta normalement inséré.

Césarienne en urgence : dans quels cas ?

Dans certains cas assez rares, le médecin peut décider de déclencher la césarienne en urgence. Il s’agit des situations où il existe un risque pour la santé ou la vie du bébé. C’est le cas lorsqu’une anomalie du rythme cardiaque du bébé se manifeste, ou lorsqu’il existe un risque de lésions graves du plancher pelvien, avec atteinte de l’anus, de l’urètre et des sphincters.

On peut aussi déclencher une césarienne en urgence en cas d’hypoxie de l’enfant ou de la mère (qui correspond à un manque d’oxygène important) ou d’hémorragies maternelles : suspicion de rupture utérine, décollement du placenta…

La césarienne : les questions fréquentes

Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées au sujet de la césarienne.

Pour un second accouchement, la césarienne est-elle obligatoire ?

Si vous avez déjà accouché par césarienne, vous pouvez tout à fait vivre un accouchement par voie basse pour votre second enfant. Notamment si le travail se déroule normalement. Ici, le risque de déchirer la cicatrice est très faible. La césarienne est uniquement programmée pour un troisième accouchement, si les deux premiers se sont déjà déroulés par césarienne.

pourquoi accoucher par césarienne

Peut-on choisir d’accoucher par césarienne ?

La programmation d’un accouchement par césarienne revient généralement au médecin et aux professionnels de santé qui vous accompagnent. Or, aujourd’hui, de plus en plus de femmes demandent un accouchement par césarienne pour des raisons non médicales. Les médecins déconseillent le recours à la césarienne en cas d’absence de motif médical. Et ce, en raison des risques et des complications qu’elle peut représenter pour le bébé et sa mère.

Comment la césarienne est-elle recousue ?

Après la naissance, le chirurgien répare et recoud les différentes couches de tissus qui ont été incisées pour laisser passer le bébé. Cette étape est un peu plus longue et dure environ trente minutes. Ici, le chirurgien peut choisir de poser des points de suture ou des agrafes. Ces derniers s’enlèvent au bout de quelques jours. La cicatrice est définitive et peut être sensible au cours des premières semaines. C’est tout à fait normal.

Césarienne programmée : doit-on se préparer ?

Si votre médecin a programmé une césarienne pour la naissance de votre enfant, vous pouvez effectivement vous y préparer. En règle générale, quelques heures avant l’intervention, il est préférable de :

  • Se raser le pubis. L’équipe médicale peut s’en charger.
  • Ôter ses bijoux et son vernis à ongles ;
  • Prendre une douche avec un antiseptique iodé ;
  • Enfiler une tenue adaptée au bloc opératoire, avec blouse et charlotte.

N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou à l’équipe médicale en cas de doute !

La césarienne implique-t-elle des risques et complications ?

Comme la plupart des interventions d’ordre chirurgical, la césarienne peut comporter quelques risques. Pour le bébé, un accouchement par césarienne implique deux risques principaux : blessures infligées par les instruments de chirurgie et problèmes respiratoires.

Pour la mère, les risques et complications sont plus nombreux (6) :

  • Problèmes d’allaitement ;
  • Diminution des selles ;
  • Infection urinaire ;
  • Saignements accrus ;
  • Infection de la plaie ;
  • Blessure aux organes…

Dans certains cas, la sonde urinaire génère des infections urinaires, qui demeurent néanmoins sans gravité. La mère peut aussi avoir des réactions inflammatoires ou un hématome au niveau de sa cicatrice. Dans de rares cas, une hémorragie de l’utérus, une occlusion intestinale ou une infection peuvent survenir. Il existe aussi un risque faible (mais existant) de phlébite et d’embolie pulmonaire.

Dans la majeure partie des cas, la sortie de l’hôpital se fait dans les jours qui suivent l’accouchement. Tiraillements et douleurs sont fréquents au niveau de la cicatrice. Il en est de même pour les pertes de sang vaginales (comme lors d’un accouchement par voie basse).

La césarienne pose-t-elle problème pour l’allaitement ?

L’accouchement naturel (et donc par voie basse) joue un rôle important dans la mise en œuvre des réflexes naturels du corps après la naissance, notamment chez le bébé. Bon nombre de bébés nés par césariennes peinent à téter, en raison de l’absence du réflexe de succion. Pour certaines femmes, la césarienne peut donc rendre l’allaitement difficile durant les premiers jours ou les premières semaines. Ici, solliciter une marraine d’allaitement peut être d’un grand soutien. N’hésitez pas à bien vous entourer dans ces moments particuliers.

césarienne non programmée

Quand peut-on retomber enceinte après une césarienne ?

Beaucoup de femmes s’interrogent à ce propos. Après une césarienne, on peut retomber enceinte rapidement. Si vous souhaitez démarrer une seconde grossesse après votre accouchement, vous pouvez le faire dans un délai approximatif d’un an. En dessous de cette durée, il existe un risque de prématurité important, d’hémorragie et d’infection. Pour limiter les risques, attendez au moins douze mois entre la césarienne et la nouvelle grossesse.

Après l’accouchement, il est important de discuter avec votre médecin, afin de trouver le moyen de contraception le plus adapté à votre situation.

Et après ?

Après avoir vécu un accouchement par césarienne, la mère doit se reposer et prendre le temps de faire connaissance avec son enfant. Elle ne doit pas reprendre le sport ou une activité quotidienne trop intense dès sa sortie de la maternité. Après une césarienne, il faut se donner le temps de guérir et soigner sa cicatrice pour limiter tout risque de déchirement. Les médecins estiment qu’il faut entre quatre et six semaines pour se remettre totalement de l’accouchement et pouvoir reprendre des activités quotidiennes normales.

Si vous êtes dans cette situation, évitez de porter un poids plus lourd que votre bébé, mais aussi de conduire une voiture ou même d’avoir des relations sexuelles. Sachez que votre cicatrice va rester fragile durant quelques jours. Vous allez probablement ressentir de légères crampes, des écoulements légers ainsi que de petits saignements.

Ce qu’il faut retenir

Les naissances par césariennes n’ont rien d’anormal ou d’exceptionnel. Elles sont très fréquentes. Il ne faut donc pas s’inquiéter si le médecin la programme ou si elle devient nécessaire en cours de travail. Malgré les risques, l’accouchement par césarienne reste un moyen très sûr de mettre un enfant au monde, et parfois la seule alternative possible !

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