Tout savoir sur la PMA 

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procréation médicalement assistée

La Procréation Médicalement Assistée est un procédé spécifique permettant de donner naissance à des enfants dans certaines situations bien précises. Elle regroupe plusieurs techniques, dont la FIV. Alors, qu’est-ce que la PMA ? À qui s’adresse-t-elle ? Quand et comment peut-on y avoir recours ? Dans cette page, nous donnons toutes les réponses aux questions les plus fréquentes au sujet de la PMA et de ses méthodes. 

Qu’est-ce que la PMA : Procréation Médicalement Assistée ? 

La PMA est la Procréation Médicalement Assistée. Il s’agit plus précisément d’une aide médicale à la procréation. Ainsi, on la retrouve aussi sous l’appellation AMP. Elle regroupe l’ensemble des méthodes d’aide à la procréation. Parmi elles se trouvent la FIV (fécondation in vitro) et l’insémination artificielle (1). Ces deux processus sont détaillés dans cet article. 

Quand a-t-on recours à la Procréation Médicalement Assistée ? 

Tout le monde ne peut pas prétendre bénéficier de la Procréation Médicalement Assistée. Comme le définit très clairement la loi, seuls les couples qui rencontrent des difficultés pathologiques pour concevoir un enfant peuvent solliciter une PMA. La PMA est une pratique médicale que la loi n° 2004-800 du 6 août 2004 encadre. Ainsi, cette loi permet de remédier aux cas d’infertilité liée à une pathologie diagnostiquée médicalement grâce à des méthodes médicales spécifiques. De même, la PMA a pour but d’éviter la transmission d’une maladie grave à un membre du couple ou à l’enfant, à l’image du VIH, par exemple.

On estime qu’en France, un couple sur sept consulte un spécialiste de la reproduction. De plus, 3 % des naissances résultent d’une Procréation Médicalement Assistée en France. Les progrès qui sont faits dans ce domaine sont très satisfaisants. Ainsi, si vous rencontrez des difficultés à concevoir un enfant, sachez qu’il existe très certainement une solution adaptée à votre situation. Parlez-en avec votre médecin, qui pourra vous orienter vers des professionnels compétents.

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Qui peut avoir recours à la PMA ? 

La Procréation Médicalement Assistée a toujours lieu dans un centre de PMA exclusivement dédié. Seuls les couples en âge de procréer, vivants, mariés ou en couple vivant ensemble depuis au moins deux ans (une preuve est nécessaire) peuvent prétendre bénéficier de cette aide médicale. Pour l’heure, seuls les couples qui se composent d’un homme et d’une femme en bénéficient. Néanmoins, le Sénat a récemment adopté le projet de loi bioéthique visant à ouvrir la PMA à toutes les femmes (célibataires ou en couple). À ce titre, la Procréation Médicalement Assistée devrait donc rapidement se rendre accessible à toutes les femmes.

La prise en charge de la PMA 

Il faut savoir que l’assurance maladie ne prend pas en charge la PMA pour les femmes âgées de 43 ans ou plus. Et ce, même si elles sont mariées. Dans ce cas, l’ensemble du processus reste à leur charge ou à celle du couple qui entreprend les démarches. La Sécurité sociale couvre l’intégralité des frais engendrés par les tentatives de PMA en fonction de trois conditions distinctes.

En premier lieu, la femme qui portera l’enfant doit être âgée de moins de 43 ans. Ensuite, le nombre maximal de tentatives remboursées par la Sécurité sociale est de six (pour les inséminations artificielles) ou de quatre (pour les fécondations in vitro). Sachez par ailleurs qu’en cas d’accouchement, le « compteur » est remis à zéro pour les couples. Il est donc possible de bénéficier d’une assistance à la procréation pour mettre au monde plusieurs enfants.

Enfin, même si le protocole est pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, il est possible que certains médicaments et équipements médicaux (comme les seringues) ne soient pas remboursés. Ils restent alors à la charge du couple.

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Centre de PMA privé ou public ?  

Vous souhaitez entreprendre une PMA sur conseil de votre médecin. Vous avez le choix entre une PMA privée ou publique. Il existe quelques différences entre ces deux types de centres. Les centres privés proposent généralement des prises en charge plus rapides que les centres publics. Cependant, le prix de la consultation peut être considérablement plus élevé que dans le public. En effet, les dépassements d’honoraires ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Seul un recours aux centres de PMA publics reste donc gratuit pour les couples. Quant aux résultats (réussite du processus), il n’existe pas de différence entre les deux types de structure. Les facteurs de réussite ou d’échec portent généralement sur l’âge des patients, la qualité des spermatozoïdes et de nombreux autres critères. 

Le déroulement de la PMA étape par étape 

Lorsque bébé ne semble pas vouloir montrer le bout de son nez, les couples consultent leur médecin. Celui-ci les oriente alors vers un centre d’aide à la procréation, s’il l’estime nécessaire. Après plusieurs entretiens et examens avec l’équipe du centre, le processus peut commencer. Cependant, il existe deux solutions distinctes, dont le recours dépend des facteurs d’infertilité ou de difficulté à concevoir un enfant. 

La première consultation en centre PMA 

Lors de la première consultation, un gynécologue se penche sur le dossier du couple ou de la femme, et notamment sur les antécédents médicaux : accouchements précédents, fausses couches, régularité des cycles menstruels, fréquence des rapports sexuels, absence d’infections génitales… Ensuite, il va prescrire des examens spécifiques, comme des prises de sang, des sérologies, un spermogramme, une échographie, une hystérosalpingographie, etc. 

Ces divers examens ont pour but de compléter le dossier des patients. Mais également de déterminer la méthode d’aide à la procréation adaptée aux besoins du couple. Certains centres parviennent à réaliser l’ensemble des examens le même jour. Pour d’autres, un petit délai sera nécessaire. 

Deux méthodes d’aide à la procréation forment le processus d’insémination artificielle. Il s’agit donc de l’IAD (Insémination Artificielle avec Donneur) (2) et de l’IAC (Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint). Quelle que soit la solution choisie, elle suit un seul et même protocole pour les deux méthodes proposées par la PMA. 

L’insémination artificielle 

Le recours à l’insémination artificielle est courant dans les cas suivants : altération de glaire cervicale, infertilité inexpliquée. Elle est la première méthode employée et souvent conseillée avant la FIV, car moins coûteuse et moins invasive. L’insémination artificielle offre des résultats très satisfaisants. 

insémination artificielle

Le protocole d’insémination artificielle débute par une stimulation ovarienne (3). Celle-ci permet de contrôler l’ovulation et de stimuler le processus de maturation des follicules (réalisé par les ovaires). La femme suit alors un traitement hormonal spécifique, qui se solde par la réalisation de plusieurs échographies.

Ensuite, l’hormone hCG est injectée afin de déclencher l’ovulation. Ce déclenchement a lieu au moment où les follicules sont matures. Ce sont les professionnels de santé qui déterminent le moment opportun pour mener à bien cette étape.

C’est alors que les professionnels du centre de PMA préparent le sperme en vue de l’insémination. Les biologistes sélectionnent donc les spermatozoïdes normaux et mobiles, qui seront les plus enclins à féconder un ovule. Ce processus est le même, quel que soit le donneur.

Enfin, l’insémination artificielle peut avoir lieu. Un gynécologue, armé d’un cathéter, se charge de déposer les spermatozoïdes au sein de la cavité utérine. Les spermatozoïdes prennent ensuite le relais et se fraient un chemin jusqu’au follicule ovarien en passant par l’utérus puis par les trompes de Fallope. Si cette étape fonctionne, alors l’ovule est fécondé. Il doit ensuite migrer jusqu’à l’utérus avant de s’y fixer. Débute alors la période délicate de la nidation : l’embryon évolue et prend place dans l’utérus.

La FIV (fécondation in vitro) classique et avec ICSI

La FIV classique (fécondation in vitro) se destine aux couples qui rencontrent des problèmes d’anomalie des trompes, des échecs de stimulation ovarienne ou une infertilité inexpliquée (4). Quant à la FIV avec ICSI, les médecins y ont recours lors d’échecs répétés de la FIV classique ou lorsque le sperme présente des anomalies sévères. Il faut savoir que la FIV est un processus que l’on envisage généralement lorsque l’insémination artificielle ne donne pas de résultat positif. Ou si les conditions médicales du couple requièrent exclusivement l’emploi de cette méthode.

PMA ET FIV

La différence entre FIV classique et FIV avec ICSI réside dans le mode de fécondation (2). Les biologistes ont recours à la technique de l’ICSI lorsque le sperme présente des anomalies importantes. Les couples peuvent alors profiter d’une micro-injection ovocytaire. Plus exactement, dans le cadre d’une FIV classique, les spermatozoïdes sont simplement mis en culture avec l’ovocyte à féconder. Dans une FIV avec ICSI, on implante directement le spermatozoïde dans l’ovocyte.

Ainsi, et contrairement à l’insémination artificielle où la fécondation se fait au sein même de l’utérus de la femme, la FIV implique un processus plus complexe et externe. Ce sont les biologistes qui réalisent la fécondation de l’ovocyte. Ces derniers sélectionnent les ovules et les spermatozoïdes en fonction de leurs qualités respectives. En opérant cette sélection, ils donnent de meilleures chances de réussite au protocole et à la nidation de l’embryon. Après la fécondation de l’ovocyte, les biologistes sélectionnent l’embryon le plus prometteur afin de l’implanter dans l’utérus de la femme. Un gynécologue se charge de cette opération délicate.

Le recours à la PMA : et après ? 

Si le processus de Procréation Médicalement Assistée fonctionne, une grossesse débute et permettra de donner naissance à un enfant. Dans ce cas, la grossesse est surveillée de près par une équipe médicale classique (hôpital et maternité). S’en suit la naissance d’un enfant (ou de plusieurs !) dans une maternité. Ensuite, si le couple désire avoir d’autres enfants, il pourra à nouveau prétendre à une PMA si la méthode naturelle n’offre toujours aucun résultat. Il bénéficie alors des mêmes conditions d’aides à la procréation qu’avant la première grossesse.

PMA

En cas d’échec de la PMA : insémination ou FIV

Il faut savoir que le taux de grossesse en cas de FIV est de 30 %. Et ce, même lorsque les biologistes jugent un embryon comme étant « parfait » (et offrant donc les meilleures chances de réussite). Si ce taux est correct, la FIV mène tout de même à un échec dans deux cas sur trois (5).

Ainsi, si le processus échoue, aucune grossesse ne débute. Plusieurs options s’offrent alors au couple. S’il s’agit d’un premier essai, il est tout à fait possible de recommencer le processus auprès du centre de PMA. La Sécurité sociale rembourse six essais d’insémination artificielle et quatre de FIV pour chaque grossesse. Il est donc possible de recommencer le protocole après un échec, dès que le couple le souhaite.

La perspective d’un ou de plusieurs échecs est un sujet abordé avec le médecin, puis avec l’équipe du centre de la PMA. Si vous vous trouvez dans cette situation, surtout ne désespérez pas. Il faut accepter cet échec et ne pas hésiter à en parler avec les professionnels de santé qui vous suivent dans cette aventure. Il est tout à fait normal de ressentir une profonde déception après une tentative ratée. Prenez le temps nécessaire pour faire votre deuil de cet espoir brisé avant de tenter une nouvelle démarche. Rien ne presse !

Prenez à nouveau rendez-vous avec votre centre de PMA lorsque vous vous sentirez prêts pour un nouvel essai. Des ajustements seront certainement nécessaires. Enfin, si vous pensez avoir atteint le bout du parcours, il existe d’autres options. Parlez-en avec votre médecin et n’ayez pas peur de vous confier sur cette épreuve.

La PMA : ce qu’il faut retenir 

Les couples qui rencontrent des difficultés pour concevoir un enfant naturellement peuvent se rapprocher de leur médecin. Celui-ci les orientera vers un centre de PMA et le protocole le plus adapté à sa situation. À l’heure actuelle, des milliers d’enfants naissent d’une Procréation Médicalement Assistée chaque année en France. Si votre situation le permet ou l’exige, vous pouvez aussi profiter des progrès de la science pour concrétiser votre rêve d’enfant grâce à la PMA.

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